Article journal Sud-Ouest

Interview d’Alain de Luzan pour présenter la Géobiologie au grand public, indiquer en quoi cette discipline pourtant scientifique est peu connue et en quoi elle est nécessaire à une vie en plein santé.

Jacky Sanudo pour le journal Sud-Ouest, le 7 septembre 2008.

HABITAT. Forces telluriques, rayonnements gamma ionisants, cours d’eau souterrains, agiraient sur notre santé. Les nouveaux sourciers proposent des solutions par l’agencement approprié des maisons.

Ils seraient de plus en plus nombreux à faire appel à un géobiologue, mais ils restent encore discrets. Comme s’il s’agissait de quelque chose d’inavouable. Les géobiologues sont les dignes descendants des radiesthésistes et des sourciers, dont les pratiques sont encore souvent associées au charlatanisme.

Aujourd’hui, avec la Géobiologie, on parle de science, d’une discipline qui se situe à la rencontre de la Géobiologie, de la Biologie et la Physique. La branche de coudrier et le pendule ne font plus partie de la panoplie. La recherche de l’eau est devenue subsidiaire. Selon le professeur de physique Yves Rocard (père de Michel), le frottement des molécules d’une eau en mouvement crée un différentiel dans le champ électromagnétique terrestre auquel notre corps serait sensible. Mais encore?

Pour faire court et vulgaire: des tréfonds de la Terre fusent des rayonnements gamma ionisants qui s’ajoutent parfois à l’impact d’un cours d’eau souterrain. Via des failles, ils parviennent jusqu’à l’écorce terrestre et là, mieux vaut ne pas séjourner trop longtemps sur leur chemin. C’est du moins ce que pense Alan de Luzan, géobiologue depuis vingt ans et auteur d’un livre qui fait référence chez les adeptes.

Ondes néfastes

A l’en croire, la santé de tout un chacun, de tout être vivant (animaux et plantes compris) est menacée en permanence par ces ondes néfastes. “Les champs magnétiques et rayonnements ionisants peuvent être d’origine naturelle, comme ceux qui proviennent du sous-sol, ou artificielle, comme les lignes à haute tension, les radars, les antennes-relais téléphoniques… leur présence peut avoir des conséquences sur l’intégrité cellulaire, le système endocrinien ou le système immunitaire”, dit-il.

De ses certitudes, il a fait son métier, lui qui était plutôt prédestiné à une carrière d’ingénieur ou de cadre supérieur à Saint-Gobain, poste qu’il a occupé un temps. La mort de son père et de son frère, des suites d’un cancer, a bouleversé sa vie. Sa hantise de la maladie l’a conduit à la combattre avec ses propres moyens, “scientifiquement, en sortant du réseau ésotérique”, tout en précisant en ouverture de son ouvrage: “les pratiques, les techniques et les conseils décrits dans ce livre ne doivent pas venir en substitution des traitements médicaux.”

Outre ses cours dispensés à Paris, Lyon, Bordeaux et à l’Institut d’études de médecines naturelles de Bruxelles, Alain de Luzan a fait de l’expertise géobiologique son gagne-pain principal. Sa société Géobios possède une antenne à Bordeaux et une autre à Cassy, sur le bassin d’Arcachon, où il vient de s’installer. Dans sa nouvelle maison, il s’applique à lui-même ce qu’il propose à ses clients. De sa valise métallique moyen format, il extrait une antenne de Lecher, des compas, des piles, un détecteur électrique, un ohmmètre, un multimètre blindé. La panoplie hors de prix, dont la plupart des outils viennent de l’étranger, lui permet de mesurer, les hyperfréquences, les champs électriques; de détecter la radioactivité et, bien sûr, de repérer les cours d’eau souterrains.

“On en trouve entre deux et quatre sous toutes les habitations. Dans une ville comme Bordeaux, ce sont, entre autres, d’anciennes rivières (l’Audège, le Caudéran, le Peugue et la Devèze)”, précise-t-il. Son travail consiste ensuite à tracer la cartographie du sous-sol par rapport aux plans des maisons, immeubles et terrains. Apparaissent ces fameux ruisseaux et les très techniques réseaux Curry et Hartmann, liés aux rayonnement magnétiques et électriques. Ces indications sont tracées en couleur et les zones dites “neutres” en blanc.

Zone neutre

Le diagnostic (pour ceux qui veulent y croire) est alors sans pitié. Les lits ne devront pas forcément, comme le disaient nos grands-mères, avoir la tête au Nord, mais éviteront obligatoirement d’être positionnés parallèlement aux cours d’eau et seront toujours en zone neutre. Les connaisseurs appellent cette technique la “stratégie de l’évitement”. Et voilà comment on peut se retrouver avec des chambres aux quatre coins de la maison. N’est pas Feng Shui qui veut. “On passe un tiers de sa vie au lit. Ces dispositions permettent d’éviter les insomnies, les fatigues au réveil, les douleurs chroniques, les modifications du rythme cardiaque et même les tumeurs. Cela se joue parfois à quelques centimètres, poursuit le géobiologue. Au point que dans une famille, un membre peut être touché et un autre pas.”

L’ingénieur systèmes de formation n’a pas tardé à diversifier les applications de son don (il préfère cependant la dénomination “savoir-faire”). Pour la société de construction Gaia de Carcans, il expertise les terrains à bâtir et l’architecte suit ses recommandations. Le voilà qui intervient dans les châteaux (notamment Ausone à Saint-Emilion). Après étude des cuviers, des chais à barriques, de la cave à vin et des stocks expédition, il indique qu’un emplacement en “zone neutre” permet, notamment, une meilleure fermentation.

“Moi je ne vends aucun gri-gri, seulement ma prestation. Ma devise est cette phrase de Francis Bacon : “La meilleure façon de commander à la nature, c’est de se soumettre à ses lois.”